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Matériel Techniques de montagne

Quel matériel pour le fastpacking ?

Le fastpacking est une discipline assez récente, combinant le monde du trail-running avec celui du trekking. On peut le voir comme du trek parcouru au pas de course, ou du trail sur plusieurs jours en autonomie. Les subtilités de ce sport s’apprécient pour peu que l’on ait de l’expérience en trek et une bonne condition physique. Mais couvrir de longues distances en autonomie et en légèreté récompense largement l’effort fourni !

Le matériel à envisager pour pouvoir courir très longtemps et sans aide extérieur se doit bien évidemment d’être très léger. Après la condition physique, l’équipement va limiter ce qu’il est possible de faire ou pas. La sécurité sur une sortie de fastpacking viendra bien évidemment de la vitesse à laquelle on peut se sortir d’un mauvais pas, mais aussi de l’expérience personnelle pour savoir quand faire demi-tour. Connaître les possibilités de son matériel est alors clé pour savoir ce qu’il vous est possible de faire ou non.

Cet article est l’occasion pour nous de vous parler d’équipement dédié au fastpacking. Cuisine, électronique, couchage et portage sont abordés, et vous trouverez une liste complète de ce que nous prenons sur ce type de sortie.

La partie cuisine

Pour éviter de gagner trop vite en masse, la stratégie à retenir est d’emporter uniquement le juste nécessaire. C’est-à-dire :

  • rations
  • Spork
  • tasse
  • réchaud et gaz

Rations

Sur la partie cuisine, les rations vont avoir une part largement prépondérante sur la masse totale. C’est d’ailleurs la capacité d’emport en rations qui va limiter l’autonomie du fastpacker. Afin de réduire le poids, vous pouvez :

  • Limiter l’usage du gaz en empaquetant des aliments simples et rapides à préparer.
  • Reconditionner vos rations en retirant au maximum les emballages.
  • Empaqueter le juste nécessaire en nourriture.
  • Partir sur un menu quotidien comprenant uniquement un dîner chaud, mais très calorique. Il sera presque impossible de couvrir vos dépenses énergétiques pendant la journée.

Un dernier conseil, lorsque vous préparez vos rations, visez entre 2500 et 3000 kcal/jour. Plus, il vous sera difficile de tout manger. Moins, vous serez sous-performant sur la durée.

Ustensiles

Emporter des ustensiles en titane permet de réduire considérablement le poids. Le titane conduit très bien la chaleur : il se réchauffe et se refroidit très vite. C’est un vrai plus sur le terrain, notamment pour ne pas avoir à attendre que la gamelle refroidisse avant de la laver/ranger.

Une Spork combine fourchette, couteau et cuillère dans un seul et même objet. Les modèles en plastique cassent rapidement, mais celle en titane fait très bien l’affaire. Le couteau ne sert à rien, mais en préparant comme il faut sa nourriture en amont, on a rarement besoin d’avoir à couper quelque chose.

La tasse va servir de gamelle pour manger et de mug pour boire. Le diamètre doit être suffisant pour que la flamme du réchaud ne déborde pas sur le côté, mais chauffe bien le dessous de la tasse. Un diamètre de 115 mm est parfait pour ça. Quant à la contenance, 700 ml offre un compromis entre contenir suffisamment pour un lyophilisé (à manger directement dans le sachet) et ne pas prendre trop de place. Certains modèles permettent de stocker le réchaud, le gaz et l’allume-feu à l’intérieur.

Réchaud + gaz

En ce qui concerne le réchaud, il existe deux écoles. La première consiste à prendre des réchauds à bois. Ainsi, on ne porte que le réchaud, mais pas le combustible. La seconde est de partir sur des réchauds au gaz très léger. Le MSR Pocket Rocket Deluxe (non sponsorisé) a vraiment fait pencher la balance pour la seconde option. Ce réchaud offre une très bonne protection au vent, dispose d’un piezo pour le faire démarrer, et offre un rendement très élevé. Le tout pour à peine 80 grammes.

Enfin, un allume-feu permet de s’assurer que le réchaud fonctionne. Même s’il dispose d’un piezo intégré, les piezos n’aiment pas l’humidité et le sable. Une pierre à feu ou des allumettes permettent de s’assurer un plat chaud à la fin de la journée.

La partie électronique

L’électronique occupe de nos jours une place prépondérante dans notre équipement. D’une part, le téléphone nous suit dans nos aventures, permettant de prendre des photos, de conserver les topos et de naviguer sur des cartes topographiques. À ce moyen de navigation, on peut ajouter une montre GPS avec des capacités en navigation. La ceinture cardiaque vient bien évidemment compléter la montre. Comme vous le savez déjà, on aime les zones cardiaques chez Montagneur.

Un matériel peut-être moins courant chez nous est la balise GPS. Il s’agit d’une balise de géolocalisation et de communication par satellite. Ce gadget permet de partager sa position GPS en direct avec ces proches, et/ou d’avertir les secours. Elle n’est pas courante en Europe, car les secours sont la plupart du temps gratuits, bien organisés, et la couverture réseau importante. Mais même les États-Unis ne disposent pas de cette combinaison et une balise offre une assurance supplémentaire en cas de soucis. Certains modèles proposent même de collecter la météo directement depuis le terrain.

Une frontale sera potentiellement nécessaire. Il faut partir sur un modèle du type trail si vous comptez bouger la nuit. Néanmoins, vous pouvez la laisser à la maison si vous comptez seulement vous déplacer avec le soleil.

On a donc ici :

  • Balise GPS
  • Montre GPS + Ceinture cardiaque
  • Téléphone
  • Frontale

Le gros inconvénient de l’électronique est qu’il a besoin d’énergie pour fonctionner… Suivant la durée de votre aventure, une batterie externe peut être une option pour s’assurer du jus sur le long terme. Ces batteries sont lourdes, et nous vous conseillons plutôt d’économiser un maximum l’énergie. Vous pouvez mettre votre téléphone en mode avion, réduire la fréquence d’acquisition de votre montre et ne pas parler au monde entier avec votre balise.

La partie couchage

À la différence de l’ultratrail, ne pas dormir la nuit n’est pas une bonne stratégie en fastpacking. Il est possible de zapper une nuit, mais le cerveau ne sera plus suffisamment alerte le second jour pour évoluer en sécurité, d’autant plus que vous n’avez pas l’encadrement offert par la compétition. Il va falloir prévoir de quoi se reposer quelques heures. Et cette fois, à la différence du trek, n’escomptez pas passer ici des nuits confortables. Selon nous, le kit ici comprend :

  • Bivy
  • Matelas + rustines
  • Sac de couchage

Encore une fois, il va falloir maîtriser la masse, et le meilleur moyen est de sous-dimensionner la protection. Cela commence par laisser la tente à la maison et opter pour un bivy. Un bivy est un sac imperméable dans lequel on glisse le sac de couchage et le matelas (pour le protéger du sol). La masse du bivy ne doit pas dépasser 500 grammes, sinon, autant partir sur une tente. Un autre avantage du bivy est qu’on n’a pas le besoin de le monter. Si le temps est à la pluie, il est alors possible de continuer à courir, puis de tomber de fatigue dans le bivy à la fin de l’averse. Le bivy est également plus robuste (pas d’arceaux qui cassent).

Pour le sac de couchage, il va falloir partir sur des modèles ultralégers et ne pas trop compter dessus. Prendre également un sac un poil moins garni permet de gagner en masse, et il est toujours possible de le compléter avec une doudoune et une polaire.

Enfin, le matelas doit avoir une bonne valeur de R (>3) tout en étant léger. Rien de mieux pour résoudre cette équation que de partir sur des matelas pneumatiques courts. Ne pas oublier les rustines.

Avec un Outdoor Reseach Helium bivy + Therm-a-Rest Hyperion 0 + Therm-a-Rest NeoAir XLite Small = 1200 grammes.

Portage et hydratation

  • Sac à dos
  • Gourdes souples
  • Filtre à eau

Le sac à dos est à l’image de la discipline : un mix entre le trail et le trek. La partie torse comporte des porte-bidons et une multitude de poches pour stocker nourriture et autres petits matériels. La partie arrière est un gros volume de rangement, sans trop d’accessoirisation pour garder la masse au mini. 25 litres d’emport sont un minimum pour conserver une flexibilité future, et 35 litres sont un grand maximum pour garder du plaisir à courir.

La partie hydratation est assurée suivant vos goûts par des bidons et/ou une poche à eau. Si l’eau doit être traitée avant de la boire, un filtre à eau rapide remplace confortablement les comprimés types Micropure. Bien que moins efficace, un filtre permet de boire tout de suite, et donc d’embarquer moins d’eau pour la suite à venir. Un filtre dédié est plus intéressant que les bidons avec filtre intégré si vous aimez boire des solutions d’électrolytes pendant l’effort.

Peu d’équipementiers proposent des sacs adaptés pour le fastpacking. On peut néanmoins compter sur Salomon et Ultimate Direction pour nous proposer leur série XA (unisexe) et FastPack (versions homme et femme). Raidlight est Oxsitis disposent également de modèles intéressants, mais prenez garde à la fragilité de ces produits. Surtout si vous comptez prendre un piolet.

Le reste

Les éléments restants ne sont pas spécifiques au fastpacking. Nous vous donnons ci-dessous le reste de notre liste avec des exemples de produit. Avec cette sélection, on se retrouve avec un équipement à sec (sans eau ni nourriture) de 6,5 kg. Attention, ce n’est pas la masse que vous allez porter puisque cela inclut les vêtements et chaussures que vous allez enfiler.

  • Bâtons : Black Diamond Alpine Carbon Z Trekking 130
  • Buff: Buff Tolui Black (Merino Lightweight)
  • Casquette : Black Diamond Hideaway Trucker Hat
  • Chaussures : La Sportiva Akyra/La Sportiva Uragano GTX
  • Collants : Arc’teryx Trino
  • Doudoune : Patagonia Nano Air
  • Gants chauds : Black Diamond Stance Gloves
  • Gants en PowerStrech : Montane PowerStrech Pro
  • Gourdes souples : Ultimate Direction Body Bottle II 500 (x2)
  • Hardshell légère : Arcteryx Alpha SL
  • Lunettes de soleil : Smith Pathway
  • Papier toilette et ziplock : ajustez la quantité en fonction de la durée de l’aventure
  • Pharmacie : Adventure Medical Kits Ultralight/Watertight .7
  • Polaire : Patagonia R1 TechFace Hoody
  • Short: Montane Razor Shorts
  • Sous-vêtements et chaussettes : en mérino
  • Surpantalon léger : Haglofs L.I.M Pant
  • T-Shirt : Icebreaker Anatomica manches courtes

La liste complète

Enfin, pour conclure, nous vous donnons la liste vierge comme source d’inspiration.

  • Allume-feu
  • Balise GPS
  • Bâtons
  • Bivy
  • Buff
  • Casquette
  • Chaussures
  • Collants
  • Doudoune
  • Frontale
  • Gants chauds
  • Gants en PowerStrech
  • Gourdes souples
  • Hardshell légère
  • Lunettes de soleil
  • Matelas + rustines
  • Montre GPS + Ceinture cardiaque
  • Papier toilette et ziplock
  • Pharmacie
  • Polaire
  • Rations
  • Réchaud + gaz
  • Sac à dos
  • Sac de couchage
  • Short
  • Sous-vêtements et chaussettes
  • Spork
  • Surpantalon léger
  • Tasse
  • Téléphone
  • T-Shirt
  • Filtre à eau
  • Rations
  • Réchaud + gaz

Ces équipements ne sont pas forcément adaptés à toutes les situations. Cette liste est un exemple, à adapter en fonction des conditions que vous allez rencontrer.

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