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Test de la ceinture cardiaque POLAR H10

Si vous êtes un de nos fidèles lecteurs, vous n’êtes pas sans savoir que nous prônons l’utilisation de plans d’entraînement basés sur les zones cardiaques. Vous savez également tout le mal que l’on pense des capteurs optiques pour la mesure de la fréquence cardiaque. Bien. Il est alors maintenant temps de se trouver une bonne vieille ceinture à électrodes pour s’entraîner comme il faut.

Quand on parle de mesure cardiaque, Polar est la marque pionnière dans le monde du sport. C’est en effet la première à avoir proposé aux sportifs un moniteur de fréquence cardiaque portable et sans fil, le PE 2000. C’était alors en 1982 et depuis, la marque s’est fait rattraper par Garmin, Wahoo et Suunto sur ce marché.

Aujourd’hui, la marque propose à la vente deux ceintures à électrodes pour mesurer sa fréquence cardiaque. Nous allons ici nous attaquer au test du modèle haut de gamme, à savoir la Polar H10. Tuons le suspense tout de suite, c’est du très très bon.

Les conditions de test

La ceinture a été acquise sur nos deniers personnels et Polar n’a été en aucun cas impliqué dans l’écriture de ce test. Nous avons pu tester la H10 depuis un an maintenant, en combinaison avec une Suunto Spartan Ultra et une Polar Vantage V. La ceinture est passée également au crible avec cette infamie qu’est Polar Beats, l’application de mesure de séances de sport de Polar.

Les sports pratiqués ont été de la course à pied, de la randonnée, des séances de musculation et de gainage, du vélo, de l’escalade et de l’alpinisme. Bien que la communication de Polar tourne autour du triathlon et du fitness, leur produit est tout à fait utilisable dans les sports de montagne. Y compris à plus de 6000 mètres d’altitude.

La ceinture a été mise à jour autant que possible, et le firmware est le 3.1.1.

Test de la ceinture cardiaque Polar H10
La ceinture H10 de Polar fonctionne même lorsque l’on est velu

Les caractéristiques de la Polar H10

Les principales spécifications de la ceinture sont les suivantes :

  • prix officiel : 90 € ;
  • connexion Bluetooth, ANT+ et 5 kHz ;
  • possibilité de se connecter à deux appareils Bluetooth en simultané ;
  • possibilité de se connecter en ANT+ et Bluetooth en simultané ;
  • possibilité d’enregistrer une séance sans montre ni téléphone ;
  • possibilité de mesurer sa variabilité cardiaque ;
  • mesure de HRV ;
  • température de fonctionnement : -10 °C et 50 °C ;
  • 21 g connecteur et 39 g ceinture ;
  • alimentation via une pile CR 2025.

Le capteur H10 est associé à la ceinture Polar Pro, disponible également seule dans le commerce pour 35 €. Une très bonne idée de Polar pour prolonger la durée de vie du capteur sans avoir à acheter un kit complet. Au passage, le H10 embarque également des accéléromètres, sans que l’on ne dispose (pour le moment ?) de données associées (données de foulée par exemple).

La ceinture dispose d’une mémoire interne pour enregistrer une séance de sport. Il est possible de lancer l’acquisition via Polar Beats, puis de laisser son téléphone et sa montre derrière soi durant votre activité. Pour arrêter l’enregistrement, il suffit alors de retirer la ceinture (ou déclipser le capteur), ou utiliser l’application. Pour récupérer les données, il va falloir remettre la ceinture et passer par Polar Beats qui va détecter qu’un enregistrement est à télécharger.

Bien que la ceinture puisse s’utiliser seule, elle va donner son plein potentiel pour l’entraînement lorsqu’elle est associée à une mesure GPS. Pour cela, le mieux est de l’appairer à une montre de montagne. Si vous n’en avez pas, il est toujours possible de mesurer sa sortie soit en passant par les applications Polar, à savoir Polar Beats et Polar Flow (depuis peu).

Précision de la mesure de fréquence cardiaque

Faute de référent, il va être difficile de savoir si la Polar H10 est précise au battement près durant un exercice. En revanche, nous pouvons déjà vous dire qu’elle semble rarement à côté de la plaque. En la comparant à une mesure au poignet, elle semble toujours dans les clous. Au repos, nous avons pu la comparer avec un dispositif médical Kardia sans noter d’écart avec la H10. Les seules fois où nous avons noté des anomalies, c’est lorsque les conditions extérieures étaient froides et que nous portions une simple softshell (sans t-shirt donc). La mesure avait alors tendance à s’emballer, avant de revenir à la normale avec l’arrivée de la sueur.

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Écarts de mesure sur la Polar H10

Nous ne sommes pas les seuls à avancer la précision de cette ceinture. En effet, la Polar H10 est très utilisée dans le monde de la recherche scientifique. Elle est notamment conseillée par des spécialistes de la mesure de la variabilité cardiaque, tel que HRV4Training (avec la H7, qu’elle remplace dans la gamme de Polar). À noter que Polar propose également la mesure de variabilité à travers un test orthostatique, disponible via ses montres haut de gamme Vantage V2. Cette mesure de variabilité est également utilisée par Polar pour estimer son niveau de VO2max, via une acquisition sur la Vantage, ou via Polar Beats.

Qualité de la connexion

Tout le monde connaît le Bluetooth, notamment les difficultés de connexion et les coupures intermittentes. Le capteur H10 est LE meilleur dispositif Bluetooth que nous n’avons jamais eu. La vitesse de connexion avec une montre est tout bonnement bluffante, donnant des leçons à la compétition (coucou Suunto Smart Sensor). Nous n’avons rencontré aucun problème sur des acquisitions de plus de 12 heures en montagne… enfin aucun problème avec la ceinture, les jambes piquaient pas mal.

Sorti de la boîte, il est possible d’appairer directement la ceinture avec un appareil Bluetooth compatible (sans oublier d’enfiler la ceinture pour qu’elle fonctionne). En revanche, si vous souhaitez appairer un second appareil Bluetooth, il va falloir passer par l’application Polar Beats pour configurer le capteur H10. Au passage, à chaque fois que vous installez cette application, elle va vous demander de jumeler à nouveau la ceinture, sans pour autant effacer la connexion précédente. Résultat, on se retrouve avec plusieurs fois sa ceinture dans les paramètres Bluetooth de son téléphone sans savoir forcément laquelle est la bonne.

Quant au ANT+ et à la transmission de 5 kHz, nous n’avons pas l’occasion de le tester, faute de matériel compatible sous la main. Mais à moins d’avoir un dispositif Garmin sans Bluetooth, le matériel en question n’intéresse pas vraiment les athlètes montagnes que nous sommes.

Confort de portage

Après la précision de la mesure de fréquence cardiaque, le confort de la ceinture est le second point mis en avant par le fabricant finlandais. À raison : le textile utilisé et les picots en silicone permettent un toucher agréable et un bon maintien. La ceinture tient bien en place, sans vouloir descendre, même en portant un sac à dos. Et sans avoir à serrer à mort, la ceinture étant réglable. Le clip en plastique est solide et agréable à utiliser. Tout ceci vaut aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

Du côté de la transpiration, pas de soucis notables. Même en suant à grosses gouttes pendant plusieurs heures, aucune irritation de la peau n’était à noter. Nous l’avons aussi portée sur des treks de plusieurs jours, sans nous laver et sans retirer la ceinture : aucun problème sur ce type d’usage non plus.

Le seul bémol peut-être est dans le cas où l’on aime sa ceinture bien ajustée. Des petites douleurs aux côtes apparaissent alors après une journée de portage, mais disparaissent assez vites.

Autonomie

Après autant d’éloges, il est temps de s’attaquer au gros défaut de la ceinture Polar H10 : l’autonomie. Officiellement annoncée à 400 heures, nous avons changé la pile plus de 5 fois lors de cette année de test (700 heures d’entraînement). Peut-être que c’était dû à nos piles Maxell au mélange de lithium et dioxyde de manganèse. Nous ne saurons le dire faute de pile 100 % lithium accessible. À noter que dès que les électrodes sont en contact avec le torse, la ceinture est active. Mais cela n’explique pas l’écart de performances…

Le changement de la pile est enfantin, il suffit juste d’un bout de métal pour faire bras de levier sur le clip étanche. Ce système nous paraît plus simple que le classique « tournevis avec une pièce », qui nécessite le bon outil pour ne rien endommager. Dans le cas de la Polar H10, tout ce qui tombe sous la main fait l’affaire, y compris la pointe d’un bâton.

Il est possible de voir l’état de la batterie à partir de l’application Polar Beats. Mais pas sur une montre compatible ou sur la ceinture directement. Une batterie ferait tellement plus sens. On pourrait ainsi la recharger avant une grosse séance ou expé. Le problème de la pile est de devoir la changer avant un objectif de peur de tomber en rade au cours de sa sortie. On se retrouve alors assez vite à devoir stocker des piles à moitié déchargées que l’on remettra plus tard. Un indicateur lumineux sur la ceinture serait également un vrai plus.

Entretien

Un entretien fréquent est nécessaire pour maintenir les qualités de cette H10. Le capteur est à rincer de temps en temps, tout comme la ceinture. Nous lui avons fait passer plusieurs cycles de lavage à la main et au savon, ainsi que quelques passages en machine (sans le capteur !). Le tout sans noter de problèmes.

Test de la ceinture cardiaque Polar H10

Le mot de la fin

Cette Polar H10 est une excellente ceinture cardiaque pour les sports de montagne. Sa précision et son confort de portage sont conformes à sa réputation, et la qualité de connexion est tout bonnement incroyable. L’autonomie est largement perfectible, mais suffisante pour les grosses expés qui tachent. Une pièce d’équipement à avoir pour bien s’entraîner !

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