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Présentation de la Polar Grit X Pro

Le constructeur finlandais Polar a présenté le 6 octobre dernier sa nouvelle montre de montagne, la Grit X Pro. Cette nouveauté est une déclinaison de la Grit X classique, offrant un style plus haut de gamme et gagnant essentiellement les fonctionnalités réservées à la Vantage V2. Comme nous sommes placés pile-poil dans notre ligne éditoriale, c’est parti pour un tour d’horizon.

Grit X Pro = Grit X + Vantage V2

La gamme de Polar est normalement séparée, sur le haut de gamme, entre la Grit X orientée montagne et la série de Vantage V orientée triathlon. Dans la tête du finlandais, la gamme Grit doit être « jolie » et résistante, et la gamme Vantage doit miser sur les fonctionnalités. La nouvelle Grit X Pro vient ici faire un pont entre les deux gammes.

Concrètement, cette version Pro récupère les tests pour évaluer la fatigue musculaire. On retrouve alors le test orthostatique, le test de récupération pour les jambes, ainsi que le test pour mesurer sa puissance FTP en vélo. Polar a également intégré le bouquet de fonctions Training Load Pro, qui permet de surveiller la qualité de son entraînement et de sa récupération. Le but est ici d’éviter le surentraînement. Néanmoins, et malgré la qualité du site d’analyse Polar Flow (gratuit), les algorithmes de surveillance sont bien moins performants que ceux de TrainingPeaks (abonnement nécessaire).

La Grit X Pro récupère également la possibilité de contrôler la lecture de médias sur son téléphone, sans toutefois les stocker directement sur la montre. Autre fonction provenant de la Vantage V2, la Grit X Pro permet de partager en Bluetooth la mesure optique de sa fréquence cardiaque… Plus intéressant pour nous, la Pro embarque également une estimation de la puissance de course. Basée sur une valeur d’accélération, l’estimation ne fait sens que si l’on actualise son poids dans les paramètres en permanence. Et d’y ajouter la masse de son équipement…

Quoi de neuf avec la Grit X Pro ?

Mais la petite nouvelle de chez Polar n’est pas seulement une Vantage V2 dans un look de Grit X. La version Pro se veut plus robuste. À commencer par le nouveau verre, cette fois-ci en saphir, le top contre les rayures. Si en plus vous optez pour la version Titan, le cadran sera en titane, plus résistant que l’acier. Mais attention, le boîtier quant à lui reste en plastique.

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Les fonctions de navigation profitent aussi d’améliorations avec cette mouture. Bien que Polar mette en avant sa coopération avec Komoot, il est (grand) heureusement possible d’importer ses propres itinéraires GPX. Comme avant me diriez-vous. Mais là où la navigation évolue, c’est qu’il est dorénavant possible d’inverser le sens de navigation, de changer d’itinéraire, ou de revenir à son point de départ (en ligne droite ou sur ses pas) en pleine activité. Ce n’était bizarrement pas possible avant, où il fallait stopper l’enregistrement pour modifier son itinéraire.

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Toujours aux rayons de la navigation, la montre offre la possibilité de voir les données de la boussole avec un joli affichage utilisant le cadran. Nous avons aussi droit à l’affichage du profil d’altitude de notre itinéraire, et l’affichage de sa progression. Il est également possible d’afficher directement la valeur d’altitude sur la montre même au repos, ainsi que ses coordonnées GPS.

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Enfin, nous avons maintenant la possibilité d’afficher la météo à venir, ainsi que les heures d’ensoleillement sur le cadran. Et ce, avec un look du plus bel effet.

On en a gros

Bien que la Polar Grit X Pro est une belle évolution du modèle de base, il n’en reste pas moins que Polar ne progresse pas sur les sujets durs.

Sur la navigation par exemple. Les fonctions mises en avant existaient déjà sur une Suunto Ambit3 Peak de 2014 (il y a 7 ans donc). Sur les constellations GNSS, on retrouve les classiques A-GPS, Glonass, Galileo et QZSS, pas de Beidou, pas de lectures de toutes les constellations, pas de lectures des bandes L1 et L5 du GPS. En soi, ce n’est pas forcément nécessaire, et puis Coros le propose pour 700 € quand la Grit X Pro démarre à 500 €. Oui, mais Polar annonce cette montre comme son nouveau haut de gamme, illustrant d’un coup qu’ils sont vraiment à la traîne sur le sujet.

Autre point dur, le capteur optique. Il s’agit du même capteur que celui de la Grit X classique, ne brillant pas par sa fiabilité. Il va nous être difficile de s’entraîner en utilisant des zones cardiaques. De plus, Polar ne nous propose toujours pas de mesures de saturation en oxygène dans le sang. Un standard pourtant pour les montres qui se disent montagnes.

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Enfin, Polar ose se vanter d’une autonomie en batterie ultra longue. 7 jours d’autonomie sans l’utiliser pour s’entraîner et 40 h avec un enregistrement GPS 1 Hz et une mesure optique. Ils appellent cela « ultra long battery life ». À se demander comment ils appelleraient alors une autonomie de 70 voire 140 heures

Tout ça fait d’autant plus mal que nous sommes de grands fans de la marque.

La Polar Grit X Pro face à la concurrence

Les prix officiels sont de 500 euros pour la Polar Grit X Pro, et 600 euros pour sa déclinaison titane.

Dans sa version classique, la petite dernière de Polar devra affronter la Suunto 9 Baro et la Coros Apex Pro. Les fonctions de navigation de chez Suunto sont à notre avis les plus aboutis du marché. Elles embarquent également beaucoup des mêmes fonctions que la Polar, sans pour autant être aussi fines sur la surveillance de sa charge d’entraînement. Enfin, elle ne dispose que de 25 heures d’autonomie, quand la Grit Pro en a 40. Pour 500 heures, la Coros Apex Pro se pare de titane. L’Apex Pro n’a pas accès à la constellation de Galileo ni les fonctions d’analyse offertes par Polar Flow. En revanche, Coros est bien plus actif sur les mises à jour, avec l’arrivée prochaine de cartes topographiques embarquées. L’Apex Pro propose également une mesure de la saturation en oxygène dans le sang.

Sur le créneau de 600 euros pour la version Titan, Polar souffre déjà un peu plus face aux Garmin Fenix 6 et Coros Vertix. Les Fenix ont accès à bien plus de fonctionnalités, pour une autonomie légèrement moindre il est vrai en enregistrement (36 heures au lieu de 40). Seulement, les Garmin disposent d’une autonomie de 14 jours en mode smartwatch contre 7 chez Polar. Côté Coros, on retrouve la Vertix 1 avec 60 heures d’autonomie et la cartographie embarquée. Également en saphir et titane, l’américaine souffrira la comparaison avec la technologie embarquée, car elle n’est compatible que GPS et GLONASS. Mais elle dispose d’une mesure de la saturation en oxygène et d’algorithmes d’acclimatation à l’altitude. Suunto dispose également d’une 9 Peak, mais pour nous, elle n’est pas tout simplement pas au niveau.

In fine

Le rachat de FirstBeat par Garmin en 2020 a fait beaucoup de dégâts chez Suunto et Coros. Polar s’en sortait pas trop mal, car, au contraire d’autres marques, le finlandais est propriétaire de ses propres algorithmes. Ce rachat permettait alors, théoriquement, de prendre artificiellement une avance technologique non négligeable.

Un an plus tard, l’avance ne se fait pas vraiment voir dans nos échoppes. Cette Polar Grit X Pro est très loin d’être une catastrophe industrielle, et son positionnement prix est plutôt bien pensé. Elle n’offre rien d’excitant en termes de nouveautés, mais on retrouve un produit très complet pour un usage montagne. Elle trouve même une place dans nos recommandations d’achat.

Mais voilà, nous sommes déçus. À l’heure où l’on nous promet des pistes pour mesurer le glycogène dans le sang, de mesurer nos niveaux d’hydratation, à l’heure où l’on nous promet plus de précision et plus de batterie, on a le sentiment de se retrouver avec une montre déjà archi connue pour la « modique » somme de 500 euros. C’est plus cher qu’un iPhone d’entrée de gamme, pour des fonctions qu’on avait déjà en 2015. Certes, moins peaufinées et sur des montres plus rustiques, mais quand même, ça fait cher la naphtaline.

C’est sûrement le marché qui veut ça. À chaque nouvelle montre, on s’étrangle devant les augmentations de tarifs pour des produits pas super sexy. On est juste déçus que Polar ne veuille pas être celui qui vient casser tout ça.