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Matériel de randonnée
Matériel de randonnée

Matériel 101

Création: 05/07/2020 | Dernière modification: 10/03/2021

Du bon matériel est essentiel pour voyager confortablement et en sécurité en montagne. Voire de profiter de l’intégralité de son potentiel athlétique. Le matériel performant coûte cher, mais l’investissement final peut être optimisé si l’on opte pour du matériel polyvalent et de qualité.

Cette section du site est organisée de sorte à vous donner les caractéristiques essentielles du matériel de trail et de trekking. On en profite également pour donner un exemple de schéma d’achats progressifs en fonction de son niveau d’expérience. Il est notamment question dans un premier temps du matériel de base pour la randonnée et le trail jusqu’au matériel à prévoir pour les expéditions plus engagées. L’idée est que le matériel acquis au départ serve tout au long de votre parcours d’athlète.

Impacts écologiques

Nos actions de consommateur nous permettent de protéger l’environnement au même titre qu’un comportement exemplaire sur le terrain. Limiter notre impact écologique passe par une réduction du nombre d’objets en notre possession. Objets qui doivent à leur tour être à la fois respectueux de l’environnement et des droits humains. À vous de faire attention alors au moment de l’achat de l’implication du fabricant dans la lutte du changement climatique et pour le bien-être humain et animal.

Une liste de cent pièces d’équipement permet aussi bien de s’entraîner au quotidien que de pratiquer la montagne sous de nombreuses formes : trek, trail, ski de randonnée, escalade… En cherchant la combinaison optimale pour limiter sa quantité de matériel, vous devenez un consommateur engagé. De plus, vous possédez du matériel très performant et restez au fait des dernières évolutions technologiques (votre matériel s’usant plus vite puisque vous l’utilisez plus souvent).

Reste maintenant qu’il faut savoir bien choisir son matériel pour qu’il dure le plus longtemps possible. C’est ce que l’on va faire dès à présent, en commençant par les vêtements.

Le système multicouche

Avant d’entrer dans les caractéristiques propres à chaque famille de vêtements, il est nécessaire de parler du système multicouche.

Lorsqu’une personne fournit un effort, ses muscles vont convertir de l’énergie chimique en énergie mécanique. Cette conversion crée des pertes, sous forme de chaleur. Le corps va se mettre à chauffer, puis se refroidir au contact de l’air. Si l’air ambiant est trop chaud, le cerveau va activer la sudation pour permettre un refroidissement, par l’évaporation de l’eau sur la peau. S’il fait trop froid, le corps va en revanche perdre en température, et nous n’avons aucun mécanisme de défense naturel pour faire face. D’où le besoin de s’habiller pour s’isoler thermiquement.

Le souci, c’est que cette couche d’isolation est indépendante de la température extérieure. Autant elle fonctionne bien pour une certaine plage de températures, autant une fois en dehors, la couche n’est plus adaptée. Le risque d’une forte isolation est un air proche de la peau trop chaud, activant alors la sudation. Les vêtements doivent donc permettre de créer une couche d’air isolante, ainsi que de laisser passer la vapeur générée par la sueur. Si maintenant le corps avait trop froid, il suffit de rajouter une autre couche isolante, sans écraser celle en dessous.

La méthode actuelle pour faire face à la variabilité de la météo est le système dit multicouche. Ce système consiste à empiler sur la peau des épaisseurs de vêtements, chacune disposant de fonctions bien spécifiques. Ces fonctions sont au nombre de quatre : une première couche, une d’isolation active, une d’isolation passive et la dernière de protection. Ceci est valable aussi bien pour les parties haute et basse du corps.

  • La première couche a pour rôle d’évacuer le plus rapidement possible la transpiration présente à la surface de la peau. Elle doit être respirante, légère et capable de sécher rapidement.
  • La couche d’isolation active a pour rôle de créer une pellicule d’air immobile au niveau de la première couche afin que le corps puisse conserver de la chaleur. Elle a néanmoins la difficile mission de respirer, c’est-à-dire permettre à la vapeur de passer le plus facilement possible à travers.
  • La couche d’isolation passive a pour fonction de créer une pellicule d’air immobile autour du corps (avec ou sans autres couches). Mais à contrario de la couche précédente, elle n’a pas vocation à laisser passer de la vapeur. C’est le créneau des doudounes.
  • La couche de protection (ou hardshell) est l’une des plus complexes. Elle doit protéger le corps du vent, de la pluie, voire pires, des deux en même temps, tout en laissant le soin à la vapeur générée par le corps de passer à travers.

Certains vêtements cumulent les fonctions. C’est notamment le cas des textiles softshell, assurant le rôle de couche d’isolation active et de couche de protection. Leurs concepteurs les ont pensés comme un moyen d’alléger son sac, combinant polaire et veste en un seul élément. Bien évidemment, une softshell dégrade la polyvalence d’une combinaison polaire + veste. Elles sont trop lourdes comme couche de protection et pas assez protectrice face aux précipitations, et elles ne sont pas assez respirantes face à une couche d’activation active. En revanche, elles sont très agréables à utiliser lorsque les précipitations sont faibles ou absentes, et pour se protéger du vent.

Matériel de base, pour l'entraînement et la randonnée à la journée

Est ici question du matériel minimal pour s’entraîner toute l’année et partir en randonnée, voir en trekking avec nuit sous un toit. Ce matériel doit permettre de marcher et courir, quelles que soient les conditions météo. Puisque l’on parle de matériel minimal, il doit s’inscrire dans une logique de durée et pouvoir être complémenté une fois que vous souhaitez passer la vitesse supérieure.

Vous trouverez ci-dessous une liste d’équipements faisant partis de ce matériel minimal. En cliquant sur l’équipement en question, vous aurez une description des caractéristiques du dit équipement. Ces informations vont ainsi vous permettre d’acheter en toute connaissance de cause. Le meilleur conseil que l’on puisse donner est de ne pas arriver dans une boutique sans avoir une vision de ce que l’on souhaite acquérir. Il faut partir du principe que les vendeurs n’y connaissent pas grand-chose et que leur priorité est surtout de vider le stock de la boutique. Certains vendeurs sont également des pratiquants, mais c’est loin d’être la majorité.

#001: Casquette

#002: Bonnet

#003: Tour de cou

#004: Hardshell légère (< 200 g)

#005: Softshell moyenne (< 1 kg, avec capuche)

#006: Softshell trail (< 300 g)

#007: Polaire fine (< 350 g)

#008: T-Shirt ML mérino, avec capuche

#009: T-Shirt ML synthétique, avec capuche

#010-11: T-Shirt MC (x2)

#012-13: Short trail (x2)

#014: Short de rando

#015: Collants de trail

#016: Pantalon

#017: Gants PowerStrech

#018: Gants moyens

#019: Chaussures approche & rando

#020: Chaussures trek

#021: Chaussures trail été

#022: Chaussures trail hiver

#023: Chaussettes de trail

#024: Chaussettes de trek

#025: Lunettes de soleil

#026: Montre et cardiofréquencemètre

#027: Bâtons

#028: Sac à dos 25L pour courir plus jours

#029: Sac à dos trail

#030: Gourde 1L (x2)

#031: Gourde souple (x2)

#032: Poche à eau

Cette liste n’est qu’une illustration pour discuter plus en détail les différents points d’équipement. Elle illustre néanmoins le matériel à considérer si vous souhaitez vous investir jusqu’au bout dans les sports de montagne, en commençant par le trail et la randonnée à la journée. Complétée avec les autres listes de Montagneur, elle permet selon nous de minimiser l’investissement final en matériel. Il est également possible d’envisager des treks de plusieurs jours avec cette liste si l’on est en demi-pension. Ou de ne pas dormir la nuit. Et de manger froid.

Les chaussures de trail pour l’hiver ne sont pas indispensables, si vous ne vivez pas dans une région froide ou en montagne. Elles sont néanmoins utiles pour des missions fast & light en altitude.

Enfin, grands absents de cette liste, nous n’aborderons pas (pour le moment ?) les sous-vêtements. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas y faire attention. Les positions des coutures peuvent être incompatibles avec le port d’un sac à dos sur la durée (frottements). Des matériaux respirants offrent ici aussi un gain en confort très appréciable.

Matériel complémentaire pour le trekking

Au matériel de base prévu pour les sorties à la journée, il est temps d’ajouter celui pour l’itinérance au long court et toute l’année. Cela nécessite du matériel pour bivouaquer, être au chaud au repos, manger et boire, etc. La liste suivante sert encore une fois comme support à la description des différents composants. Elle est conçue pour partir en trekking toute l’année, dans toutes les conditions, et en prévision du matériel requis pour les expéditions plus velues.

#033: Doudoune lourde (IC > 230)

#034: Doudoune moyenne (IC > 100)

#035: Doudoune synthétique (350g)

#036: Hardshell lourde (RipStop 60D)

#037: T-Shirt ML PowerStrech

#038: Collants

#039: Surpantalon léger

#040: Surpantalon lourd (salopette)

#041: Gants légers

#042: Gants lourds

#043: Gants super lourds

#044: Frontale (> 350 lumens)

#045: Sac à dos 85-100L

#046: Sac à dos 45-55L

#047: Duffle 120L (x2)

#048: Sacs de compression

#049: Tente 4 saisons 2 pers.

#050: Tente 3 saisons ultralight

#051: Bivy

#052: Matelas (R > 5)

#053: Matelas léger (R > 3)

#054: Matelas mousse

#055: Oreiller

#056: Sac de couchage -20°C

#057: Sac de couchage -5°C

#058: Sac de couchage 5°C

#059: Réchaud multicombustible

#060: Réchaud gaz léger

#061: Popotte légère / tasse

#062: Popotte

#063: Couverts

#064: Allume feu

#065: Couteau

#066: Filtre à eau

#067: Balise

#068: Raquettes à neige

Avec ses 68 pièces d’équipement, cette liste est très complète pour le trail, le fastpacking, la rando et le trek. L’idée n’est pas de s’équiper d’un coup mais d’illustrer une stratégie d’acquisition sur le long terme. Ceci afin de minimaliser son équipement et faire des économies in fine. Quelques remarques néanmoins :

 

  • Pour les doudounes en duvet, la combinaison retenue est de trois modèles : une avec un indice de chaleur IC supérieur à 230; une la plus petite avec un IC autour de 150; un modèle synthétique pour des températures plus clémentes (proche de 0 °C) et des conditions plus humides.
  • La hardshell lourde doit être un mur de protection (au détriment de la respirabilité), embarquant un minimum de poches compatibles avec le port d’un baudrier, une membrane hautement imperméable, protégée par un tissu d’au moins 60 deniers. La masse ne doit pas s’éloigner du demi-kilogramme pour ne pas hésiter à l’empaqueter. Cette hardshell doit proposer quelque chose de différent de l’autre hardshell (légère) pour étendre le potentiel d’usages.
  • Les surpantalons sont des pantalons à membrane. Les différences entre les modèles léger et lourd sont le niveau de protection, mais aussi la coupe. Pour le modèle lourd, un format salopette est à préférer pour offrir un haut niveau de protection, surtout en prévision des sorties en ski. La salopette empêche de perdre son pantalon pendant la marche ou l’escalade. Ces surpantalons se portent généralement seuls ou au-dessus d’un collant thermique. La coupe pour le modèle léger peut être au format pantalon et la masse doit être inférieure à 300 grammes puisqu’il va rester pas mal dans le sac.
  • Un trio de matelas nous semble une bonne combinaison. Un matelas mousse augmente le niveau d’isolation, et protège un matelas pneumatique. Il est associé à deux matelas pneumatiques aux niveaux d’isolation très différents. Le matelas ultraléger permettra d’avoir un bivy de secours pour les séances de fastpacking et les sorties d’ultra endurance. Le matelas plus lourd permet de dormir sur un sol très froid.
  • Un oreiller peut être astucieusement remplacé par des sacs de compression, mais avec l’âge, on apprécie son petit confort.

Autres matériels

Les autres composants que l’on retrouve sur le marché mais pas forcément essentiel:

Compression: La compression est très présente dans le monde du mountain-running, avec des revendications sur l’amélioration du retour veineux, du rendement musculaire et de la récupération. La science n’a prouvé pour le moment aucun de ces arguments. Seule l’amélioration de récupération lors des séances d’haltérophilie a été démontrée. En revanche, la part psychosomatique de ces produits est importante : ils aident à nous sentir plus performants. Les manchons sur les bras et les mollets permettent aussi de se protéger de la végétation sans nuire à la mobilité.

Guetres: Afin de se protéger de l’intrusion de sable ou de neige qui serait passée au-dessus de la chaussure/chaussette, on peut utiliser des guêtres de protection. L’avantage de ces guêtres est de donner plus de polyvalence à la chaussure en augmentant le niveau d’imperméabilité et l’isolation thermique, en plus bien sûr de protéger des éléments. Le gros inconvénient est que la guêtre vient dégrader la respirabilité de la chaussure. Sans compter que cela fait une pièce d’équipement supplémentaire, et donc plus de masse. Les surpantalons disposent de guêtres intégrées rendant cette pièce superflue.

Les boutiques en ligne

Retrouvez ci-dessous une liste non exhaustive de boutiques en ligne proposant du matériel de qualité :