Montagneur

Doudounes: couches d'isolation passive

La couche d’isolation passive, ou doudoune, est équivalente à un mini sac de couchage laissant une liberté de mouvement. Le concept d’isolation consiste à créer une couche d’air immobile autour du corps et pour se faire, les fabricants utilisent des matériaux à fort pouvoir gonflant emprisonnés entre des couches de tissus.

Les matériaux généralement utilisés sont des plumes de canard ou d’oie, ou des plumes synthétiques. Les avantages des plumes naturelles sont une meilleure compressibilité et un plus grand pouvoir gonflant. Les plumes synthétiques ont pour elles une meilleure résistance à l’humidité. Si vous n’êtes pas allergiques aux plumes d’oies (meilleur gonflant) ou de canard (moins chères et plus robustes), les doudounes en duvet sauront vous apporter une isolation efficace, tout en étant plus légères et plus compressibles que les doudounes synthétiques.

Doudounes en duvet

Le duvet peut avoir plusieurs qualités, quantifiées généralement en Fill Power, dont l’unité est le CUIN. Plus le CUIN est élevé, et plus le duvet occupe de l’espace, gage d’isolation. La mesure de ce CUIN peut suivre plusieurs normes, dont les plus connues sont les normes IFDB, EU et US. Si vous comparez plusieurs doudounes, faites alors attention à ce que les mesures de CUIN soient toutes exprimées dans la même norme. Dans la suite, on parle en IFDB.

La qualité du duvet bourré dans les doudounes du marché débute généralement autour de 600-650 CUIN, pour atteindre sur les produits premium 850 CUIN. Des duvets de 1000 CUIN sont l’apanage du très haut de gamme, et utilisés pour des vestes hors de prix de PATAGONIA (plus proposées à la vente) et RAB (Zero G Jacket).

En multipliant la masse en grammes de duvet utilisé par sa qualité, vous obtenez un indice de chaleur. Vous pouvez ainsi comparer deux produits ayant des quantités et des qualités différentes de duvet. Une doudoune contenant 450 grammes de duvet de 650 CUIN sera ainsi plus chaude qu’une doudoune contenant 300 grammes de duvet de 850 CUIN.

Le duvet de 650 CUIN a la réputation d’être plus durable que celui de 850 CUIN. Reste que les produits les plus intéressants du côté ratio masse/chaleur sont ceux aux CUIN élevés…

Le duvet est l’assemblage de plumes et de plumettes, dont la répartition est donnée sous le format « 90/10 », indiquant 90 % de plumes et 10 % de plumettes. Plus il y a de plumes, et meilleure sera l’isolation, même si la présence des plumettes est importante pour bien espacer les plumes et disposer d’un gonflant homogène.

De plus en plus de fabricants proposent également un traitement hydrophobique du duvet, augmentant considérablement (forcément, quand on ne part de presque rien) sa résistance à l’humidité. Mais ce traitement disparaît avec les lavages.

Doudounes en synthétique

Dans le cas d’un isolant synthétique, le principe est de prendre des fils de polyester et de les tordre afin d’obtenir une plume en plastique. Le gros avantage de cette plume en plastique sur la plume naturelle est que son pouvoir gonflant n’est pas ou peu sensible à l’eau.

Ici, plus question de CUIN : les fabricants parlent plutôt de grammage par mètre carré, avec l’idée que plus le g/m² est élevé, et plus l’isolant sera efficace. Les chiffres vont de 40 à plus de 120 g/m², les doudounes les plus intéressantes étant entre 80 à 120 g/m².

On ne va pas lister tous les isolants disponibles sur le marché, il y en a des tonnes. Mais parmi ceux qui sortent du lot, on retrouve les PRIMALOFT Gold et Silver, les 3M Cirrus, Thermoball de THE NORTH FACE et Thermal Q Elite de MOUNTAIN HARDWEAR.

Bien que ces doudounes synthétiques soient moins chères que les doudounes naturelles à l’achat, ce n’est pas le cas en temps d’utilisation. De mes retours d’expérience, l’isolant synthétique s’écrase en fil du temps et la doudoune perd petit à petit son pouvoir gonflant, et donc son pouvoir d’isolation.

Reste qu’on peut difficilement s’en passer lorsque les températures sont proches de zéro. En effet, à ces températures, la météo fait l’aller-retour entre pluie et neige, et les doudounes en duvet sont trop épaisses à ces températures pour pouvoir être portées sous la couche de protection sans être compressées. L’isolation synthétique s’impose dans ce cas-là.

Tissus et coupe

Ce n’est pas le tout d’utiliser un isolant de qualité, encore faut-il que l’enveloppe en tissu soit à la hauteur. La robustesse du tissu et sa respirabilité sont généralement antagonistes. Un tissu dense, avec un grammage par mètre carré (g/m²) élevé résistera plus efficacement aux agressions extérieures, mais sera plus lourd. Un tissu moins dense sera également plus compressible. La plupart des marques font confiance au fournisseur PERTEX, et les tissus Quantum, Quantum GL (20 % plus léger que le Quantum, mais moins résistant) et Endurance (robuste et résistant aux projections d’eau) sont les plus largement diffusés.

Autre point à prendre en compte : la construction de la doudoune. Les coutures et le cloisonnement du duvet vont créer des ponts thermiques, c’est-à-dire des zones où seul le tissu vous isole de l’air froid. Peu de constructeurs communiquent dessus, et le meilleur conseil que je puisse vous donner est de vous orienter vers des marques reconnues de matériel de montagne.

D’un point de vue de la coupe, il faut s’assurer que le dos est bien couvert, voire que la doudoune descende jusqu’en haut des fesses. Une capuche permet d’augmenter considérablement l’isolation ressentie en évitant les fuites thermiques. Enfin, je vous conseille de faire attention au niveau du zip frontal et de vous assurer qu’il ne vient pas d’irritations avec le menton.

Dernière édition: 05/07/2020