Lunettes de soleil et masques de ski : les points clés

Création: 13/12/2021 | Dernière modification: 13/12/2021

La montagne est un monde minéral placé en altitude. Ce monde expose nos yeux à des rayons solaires puissants, moins filtrés par l’atmosphère et l’environnement. Ces rayons étant moins bloqués peuvent rebondir sur les roches, la neige, la glace ou l’eau pour venir agresser nos yeux si fragiles.

Mais quels sont les risques à ne pas porter de protection ? Les rayons solaires viennent agresser les yeux. Lorsque la lumière est forte, le flux d’information passant par les pupilles est tel que le cerveau n’arrive plus à tout traiter. Autre impact, lorsque la lumière est vraiment trop forte, la pupille n’arrive pas à suffisamment se rétracter. La puissance reçue par les rétines est alors trop importante, venant brûler les parois. Les conséquences les plus courantes sont des migraines ophtalmiques et des aveuglements temporaires. Rien de pire que de sentir des aiguilles s’enfoncer dans les yeux après une journée de trop grande exposition.

La solution la plus commune pour se protéger est de porter un filtre solaire, des lunettes l’été et des masques l’hiver. Cette solution est pratique, puisqu’il est possible de changer le filtre en fonction de l’intensité lumineuse. Nous pouvons en effet porter des lunettes très filtrantes sur les coups de midi et rien du tout en soirée, sans réduction de nos capacités visuelles.

Les lunettes et les masques sont l’assemblage d’un écran filtrant transparent (les verres) mis en place devant nos yeux par une structure (la monture). Revue de détails de tout ce petit monde en commençant par les technologies de verre existantes sur le marché.

Les verres

Filtre solaire et protection des UVs

Les verres, placés devant les yeux, viennent filtrer l’intensité lumineuse et réduire le passage des rayons UVs (au besoin, c’est quoi des UVs ?). Pour aider les consommateurs que nous sommes, il existe une norme (la NF EN ISO 12312-1) catégorisant les lunettes en fonction de la puissance des filtres utilisés :

  • Catégorie 0 : 80 à 100 % de la lumière visible passe le filtre, et moins de 10 % des UV B.
  • Catégorie 1 : 43 à 800 % de la lumière visible passe le filtre, et moins de 8 % des UV B.
  • Catégorie 2 : 18 à 43 % de la lumière visible passe le filtre, et moins de 4,3 % des UV B.
  • Catégorie 3 : 8 à 18 % de la lumière visible passe le filtre, et moins de 1,8 % des UV B.
  • Catégorie 4 : 43 à 800 % de la lumière visible passe le filtre, et seulement entre 0,3 et 0,8 % des UV B.

 

En montagne, les catégories les plus courantes sont les 3 et 4. La catégorie 4, quasi incontournable sur glacier ou névé, offre un formidable niveau de protection au détriment de la polyvalence. Les verres sont sombres et il est difficile de les porter en début ou fin de journée. Les lunettes de catégorie 4 sont également interdites lorsque l’on conduit un véhicule. La catégorie 3 est bien plus polyvalente, mais ne protège pas assez des réflexions solaires sur de la glace, de la neige ou de l’eau. Les catégories inférieures peuvent néanmoins rester intéressantes pour protéger les yeux du vent et/ou des précipitations.

Couverture de protection

Les verres ont une taille et une forme, tous deux venant définir la surface du visage protégée.

La taille est simplement la surface des verres, le produit de la hauteur par la largeur. Plus la surface est grande et meilleure sera la protection. En revanche, cela veut dire plus de matière, c’est-à-dire des lunettes plus lourdes et plus inconfortables à porter sur le long terme.

La forme des verres est décrite autour d’un chiffre appelé la base, ou base courbe. Ce chiffre permet de visualiser la déformation des verres autour de nos têtes. Une base de 5 traduit des verres plats devant nos yeux, et plus la base est grande, et plus la courbure sera grande. Dans le monde du sport, une base de 8 est assez courante. Après 9, les lunettes épousent vraiment la forme du visage, avec un effet proche d’un masque de ski.

Les autres caractéristiques des verres

Les nouvelles technologies d’optique permettent également d’augmenter les performances des verres au-delà du filtre solaire. Les verres peuvent alors être :

  • Polarisants : permet de réduire les reflets sur le verre et l’eau, et ainsi réduire la fatigue oculaire. La technique consiste ici à bloquer une partie des ondes lumineuses, en laissant passer par exemple que les franges verticales et bloquant les horizontales. La polarisation fonctionne également sur les écrans, qui sont alors plus difficiles à lire ;
  • Photochromatiques : la puissance du filtre varie en fonction de l’intensité solaire. Les verres sont dans ce cas multicatégorie, et peuvent en quelques instants passer d’une catégorie 2 à 4 et vice-versa ;
  • Teintés : au-delà du style, la couleur des verres à un impact sur la performance de votre vision, en augmentant le contraste et la profondeur de la vision. Même si le gris est la couleur la plus polyvalente, le bleu est plus performant en cas de grand soleil, et le jaune ou marron pour les conditions moins lumineuses ;
  • Résistants aux rayures : permet d’augmenter la durée de vie des verres ;
  • Avec un traitement miroir : permet de renforcer la filtration de la lumière et de limiter les éclats lumineux ;
  • Antibuée : permet de limiter la condensation de la vapeur sur les verres, idéal lors des sorties intenses ;
  • Hydrophobes : plus efficaces pour lutter contre l’eau ;
  • Oléophobes : le verre repousse les graisses et limite les traces de doigts, idéal pour faciliter leur entretien.

Caractéristiques propres aux masques

Les verres des masques partagent les mêmes caractéristiques que ceux des lunettes de soleil. En revanche, le verre est ici une surface unique protégeant les deux yeux. La surface est donc plus grande, et doit disposer d’une forme s’accommodant au visage.

La forme des verres de masques est cylindrique, sphérique ou torique.

Un verre cylindrique est un verre déformé seulement sur la plus grande longueur, telle une visière de protection. Le verre cylindrique est le moins compliqué à fabriquer et donc le moins cher. Seulement, la distance entre l’œil et le verre n’est pas uniforme : lorsque l’on regarde en haut ou en bas, la distance est plus grande que lorsque l’on regarde au centre. Ces différences viennent créer de la distorsion optique dégradant la clarté de la vision.

Un verre sphérique vient justement égaliser la distance entre l’œil et le verre en apportant une deuxième déformation, dans le sens de la hauteur. La surface du verre adopte une forme sphérique d’où le nom. Plus compliqué à produire, il est alors plus cher à l’achat, mais offre des performances supérieures en vision. La forme sphérique réduit la distorsion et augmente la vision périphérique. Le volume d’air emprisonné est généralement plus grand, permettant de réduire la buée sur la face intérieure du verre.

Le verre torique est la quintessence même de la correction optique. Dans le cas du verre sphérique, la distance n’est pas réellement partout égale entre le verre et l’œil. Le verre torique est quant à lui déformé non plus en suivant un arc de cercle à rayon constant, mais une courbe torique. La vision périphérique est alors encore meilleure que pour un verre sphérique. Plus compliqué à produire, ce type de verre est plus cher à l’achat.

Les types de verres

Paradoxalement, les verres de nos lunettes de soleil ne sont généralement pas en verre, mais en plastique. En effet, sur le marché, nous retrouvons trois sortes de plastique utilisé comme filtres, qui côtoient le disparaissant et traditionnel verre :

  • L’acrylique : ce type de filtre plastique est utilisé en entrée de gamme. Le plus facile à produire, il est malheureusement peu résistant et n’est pas très performant en clarté ;
  • Le polycarbonate : ce type de filtre plastique offre une résistance élevée aux impacts avec une bonne clarté de vision. Utilisé sur les modèles de milieu de gamme grâce à son coût de production, il est néanmoins peu résistant aux rayures ;
  • Le polyuréthane : ce type de filtre plastique offre une excellente clarté, associée avec une excellente résistance aux impacts. Ils sont également légers et flexibles, autorisant une forme optimale pour couvrir les yeux. Ils sont en revanche chers à l’achat ;
  • Et enfin le verre traditionnel : le verre offre la meilleure clarté et est naturellement résistant aux rayures. En revanche, ils sont plus lourds que les filtres plastiques, plus chers et peuvent se briser.

 

À vous donc de faire le choix en fonction de votre budget. Sauf si vous avez besoin de corrections optiques et que vous souhaitez une paire de lunettes de soleil adaptée. Dans ce cas, il faudra passer par des verres traditionnels.

Les montures

Construction des montures

Les montures sont les châssis qui viennent placer les verres devant nos yeux. Elles sont composées de cercles, qui viennent englober les verres, d’un pont, qui vient se poser sur le nez, et de branches, qui viennent se poser sur les oreilles. Tous les points de contact doivent bien évidemment être confortables et compatibles avec la forme de la tête. Les montures sont en grande partie ce qui définit les styles des lunettes, mais nous ne développerons pas plus ces histoires de goûts personnels.

Les montures peuvent évidemment être de plusieurs matériaux différents. Les plus répandus appartiennent à la famille des plastiques, avec notamment le nylon et l’acétate de cellulose. Ces plastiques sont peu onéreux, résistants aux impacts et permettent aux fabricants de disposer d’une large palette de formes et de couleurs. Les plus convaincantes visuellement sont les montures en métal, sous toutes ces formes. Les montures en métal peuvent être la solution pour lutter contre les allergies, mais sont plus onéreuses à l’achat.

En ce qui concerne les lunettes, un dernier point à prendre en compte pour avoir une bonne monture est la flexibilité entre les branches et les cercles. Lorsque les branches sont en position dépliées (si elles sont pliables), elles peuvent venir se déformer légèrement sous effort. Cette déformation participe grandement au confort de portage de la monture.

Pour les masques, les montures sont généralement plus simples puisque l’on retrouve juste un cercle plastique la plupart du temps, associé à un bandeau élastique réglable pour le maintien en position.

Protection solaire et respirabilité

Les lunettes de soleil disposent d’une monture qui doit participer également à la protection solaire. Il est ici question de bloquer le passage des rayons autour des verres, rayons pouvant par exemple venir du sol (par réfraction). Des cercles englobant la courbure du visage et des lunettes épaisses sont idéals pour augmenter la protection. On retrouve aussi sur certains modèles un simili cuir pour faire chambre noire autour de l’œil.

Cette protection solaire est malheureusement antagoniste avec la respirabilité. Dans le cas extrême d’un masque, il n’est pas rare de suer à l’intérieur du verre et de voir de la condensation se former. Plus le sport pratiqué est aérobiquement intense, et plus il faudra opter pour des montures fines pour laisser l’air circuler autour des verres et évacuer la vapeur. Une autre manière de lutter contre la condensation est d’utiliser deux épaisseurs de verres, créant ainsi une couche d’air intermédiaire censée réduire les conditions pour que la vapeur condense. Mais ça ne reste pas aussi efficace qu’une bonne ventilation.

Sur les masques, des conduits d’air sont mis en place en haut et en bas du verre pour faciliter la ventilation. Des filtres en mousse permettent de limiter le flux d’air, afin d’éviter l’entrée trop importante d’air froid, et empêcher le passage des flocons. Malheureusement, les masques sont avant tout conçus pour le ski alpin. Pour les sports aérobiques, retirer les mousses en partie peut être une bonne idée pour augmenter la ventilation.

Verres interchangeables

Certaines montures de lunettes et de masques offrent la possibilité de changer les verres. Cette option est très pratique surtout lorsque l’on n’a pas de verres photochromatiques. En ayant sous la main plusieurs niveaux de filtration, il est alors possible de changer de verres en fonction des conditions lumineuses. Le remplacement en cas de casse est aussi un avantage non négligeable.

Il existe pléthore de systèmes pour changer de verres, allant du clip aux petits aimants. Les prix sont bien évidemment cohérés avec l’échelle allant de la fausse bonne idée au système enfantin.

La possibilité de changer les verres est utile pour les sorties à la journée. Pour les sorties plus longues, type trek ou expédition, on vous conseille d’investir dans des photochromatiques ou à prendre une seconde paire de lunettes. Ainsi, pas besoin de trouver où stocker les verres non montés au milieu du bazar du sac à dos, et la deuxième paire de lunettes sert de remplaçant en cas de casse.

Compatibilité avec d’autres accessoires

Les lunettes de soleil doivent partager les oreilles avec d’autres accessoires, tels que des bijoux ou des écouteurs. Si vous avez des écouteurs passant au-dessus de l’oreille, il va falloir faire attention à bien choisir des lunettes qui ne bougeront pas lorsque vous allez écouter de la musique.

Les masques doivent souvent partager la tête avec un casque. Le casque peut descendre plus ou moins loin sur le front, et recouvrir plus ou moins loin les tempes. Veillez alors à bien choisir votre combinaison pour avoir une protection fonctionnelle et confortable.

Enfin, si vous portez des lunettes de vue, faites attention à ce que vous puissiez mettre votre masque par-dessus.

Bien choisir ses lunettes/son masque au moment de l’achat

Au moment de choisir ses prochaines lunettes ou son prochain masque, le mieux reste de trouver un magasin physique, qui dispose d’une large sélection. Les prix ne seront pas les moins chers du marché, mais le fait de pouvoir essayer avant d’acheter n’est pas gratuit. Le plus gros problème sera certainement sur la large sélection, les boutiques étant généralement partenaire exclusivement avec une marque…

Lors de l’essayage, les verres sont assez simples à tester. Ils doivent déformer le moins possible votre vision, au risque d’induire une fatigue visuelle à l’usage. Ils ne doivent pas non plus vous donner la nausée.

Pour les montures, la sélection sera plus subjective. Les points à considérer sont les suivants :

  • Est-ce la bonne taille ? Avez-vous des points de pression sur les côtés du crâne ou au-dessus des oreilles ? Le pont se pose-t-il agréablement sur le nez ?
  • Est-ce que les lunettes tiennent bien en place lorsque vous secouez la tête ?
  • Est-ce que les lunettes se sentent légères et équilibrées ? Ou au contraire, ont-elles tendance à glisser vers l’avant ?
  • Est-ce que vos cils touchent les verres ?
  • Quid de la protection solaire de la monture sur votre visage ?
  • Est-ce que les mousses sont confortables ?

 

Les magasins physiques de montagne auront aussi la possibilité de vous faire tester vos lunettes avec un casque ou d’autres accessoires.

Quelques conseils pratiques

Si vous faites de la montagne de manière intensive, voici quelques points à prendre en considération :

  • N’oubliez pas vos lunettes lorsque vous partez de nuit.
  • Pensez à prendre une seconde paire dans votre sac, on n’est jamais à l’abri de marcher sur ses lunettes ou que votre compagnon de cordée marche dessus ou oublie les siennes.
  • Une dragonne est un vrai plus pour ne pas perdre ses lunettes, surtout en voie alpine.
  • Stockez vos lunettes dans une boîte de protection pour améliorer sa durée de vie.
  • Nettoyez vos lunettes sous l’eau pour éviter de venir créer des rayures en frottant la poussière sur les verres avec le petit chiffon de nettoyage.

 

Et voilà, c’est tout ce que l’on avait à vous dire sur les lunettes. Vous pensez que l’on a oublié un point, ou fait une erreur ? N’hésitez pas à nous en parler.