Montagneur

La navigation en montagne

Création: 13/01/2021| Dernière modification: 13/01/2021

Loin de nos repères usuels, savoir où l’on est et où l’on va est une compétence importante à acquérir pour les amoureux du plein air. Sans panneaux, sans routes et sans passants à qui demander son chemin, le sens de la navigation est essentiel pour ne pas se perdre.

La navigation est la technique consistant à planifier, conserver et retrouver son chemin. Pour la suite, nous allons décomposer cette compétence en deux catégories : stratégique et tactique. La navigation stratégique est la technique permettant de définir le parcours que l’on devra parcourir sur le terrain. La navigation tactique est quant à elle la technique employée directement sur le terrain pour suivre le chemin parcouru ou le retrouver.

Avant de détailler ces deux catégories, il va falloir causer de la carte topographique, sans qui la navigation est impossible.

La carte topographique, à la base de la navigation

Une carte topographique est la projection d’un environnement de trois dimensions sur un support de deux dimensions. Ce support est soit un écran, soit un papier. Cette projection nécessite un ensemble de truchements pour que l’on retrouve ses petits. Ces astuces vont ainsi nous permettre de visualiser les caractéristiques de cet environnement : reliefs, forêts, près, roches, falaises, marais… et leurs positions les unes par rapport aux autres.

Exemple de carte IGN
Exemple d'une carte IGN autour de Chamonix

La visualisation des dimensions d’une carte est codifiée pour faciliter la lecture. Afin de décoder les données, il faut alors se tourner vers la légende de la carte qui vient détailler les différentes visualisations.

Extrait de la légende des cartes IGN

La légende permet de connaître la correspondance entre un type de trait et un type de sentier/route, de déterminer quel est le type de terrain dessiné selon la couleur utilisée, et d’identifier des singularités géographiques (église, point d’eau, lignes à haute tension…).

Décodage carte
Exemple de décodage du type de terrain

La carte topographique permet ensuite de positionner ces éléments (terrain, sentier, etc.) entre eux, en utilisant une échelle et des lignes de niveau.

L’échelle permet de connaitre l’équivalence entre une distance mesurée sur la carte et une distance mesurée dans le monde réel. Cette échelle peut être numérique, par exemple 1 : 25 000, ou alors graphique en dessinant un segment sur la carte et en indiquant son équivalence terrain. Dans le cas d’une échelle numérique, une carte dite 1 : 25 000 indique que la distance mesurée sur la carte correspond à cette même distance multipliée par 25 000 dans le monde réel. 1 centimètre sur la carte est égal à 25 000 centimètres sur le terrain, soit 250 mètres. Plus l’échelle est grande, moins la carte sera localement précise. Dans certains cas, l’échelle est donnée par l’équivalence d’une distance papier avec la distance terrain (notamment pour les cartes numériques).

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Différence entre échelles graphique et numérique

La plupart des cartes numériques permettent de mesurer rapidement les distances via des outils dédiés. Pour les cartes papier, elles sont dans la plupart des cas quadrillées avec des carrés de taille identique, l’idéal pour calculer rapidement une distance en la comparant avec une distance de référence. Certaines cartes papier permettent également d’identifier rapidement la distance entre deux points sur un sentier.

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Représentation des kilométrages partiels

Reste que la précision d’une carte n’est pas uniquement liée à son échelle, mais aussi à son contenu. Les cartes IGN sont riches en information, mais ce n’est pas une constante entre les fabricants de cartes. Certaines 1 : 25 000 sont bien moins utiles que des cartes 1 : 100 000. Les cartes à grande échelle ont également pour elles d’offrir une vision d’ensemble d’un parcours, alors qu’il faudrait 4 cartes 1 : 25 000 pour couvrir la même surface.

Des lignes de niveau sont utilisées, en plus de l’échelle, pour dessiner la troisième dimension. Elles représentent les altitudes de chaque point de la carte sans que cette dernière se retrouve surchargée et illisible. Des lignes sont en effet tracées pour indiquer les paliers d’altitude : une ligne va par exemple indiquer que tous les points se trouvant sur la ligne ont l’altitude correspondant à cette ligne. Cette magnifique trouvaille permet de visualiser rapidement l’altitude de chaque point, mais aussi la forme du terrain et mettre en valeurs ses singularités.

Zoom sur des lignes de niveau
Zoom sur des lignes de niveau

Les lignes de niveau sont le plus souvent de deux représentations. On retrouve des lignes plus épaisses pour mettre en valeur des paliers d’altitude importants (comme tous les 50 mètres dans l’exemple ci-dessus), puis des lignes plus fines pour mettre en valeur des paliers plus fins (tous les 10 mètres sur l’exemple ci-dessus).

Prenons l’exemple d’un cône parfait. Afin de tracer les lignes de niveau, on va découper en tranche ce cône, d’une épaisseur fixe. Chaque ligne de niveau va alors être tracée pour définir le contour de cette tranche. Il ne reste plus qu’à superposer les lignes pour disposer de la représentation finale. L’apprentissage de la lecture d’une carte consiste à reconnaître les combinaisons de lignes pour indiquer la présence d’un col, d’un sommet, d’une falaise, etc. Plus les lignes de niveau sont serrées et plus la pente est forte.

Les lignes de niveau permettent, avec de l’expérience, d’identifier rapidement des sommets, des cols, des drainages, etc.

Quelques exemples de singularité géographiques décrites par des lignes de niveaux
Quelques exemples de singularité géographiques décrites par des lignes de niveaux

Maintenant que l’on a fait le tour de la carte topographique, place à la navigation.

La navigation stratégique

La navigation stratégique est intimement liée à la phase de préparation de sa sortie sur le terrain, puisqu’elle permet l’étude des itinéraires possibles. Elle consiste notamment à établir :

  1. l’itinéraire de la sortie
  2. les singularités géographiques pouvant servir de référence
  3. les itinéraires de replis.

L’itinéraire est, pour schématiser, le trait sur la carte que vous allez suivre durant votre parcours, associé à un planning de progression, l’identification des points de campements, des points de ravitaillement et des zones dangereuses. Le planning de progression est possible une fois le parcours retenu en mesurant sur la carte les distances et dénivelés de la sortie. Ce planning donne une idée du temps nécessaire pour la progression et du niveau de difficulté physique de l’itinéraire. L’itinéraire va permettre également d’établir la difficulté technique du parcours.

Les singularités géographiques sont les objets facilement identifiables sur le terrain et permettant de se positionner rapidement sur une carte. Ces points clés peuvent être des sommets, des églises, des cours d’eau, des routes, etc. Une fois sur le terrain, il est ensuite plus facile de se repérer en sachant, par exemple, que notre orientation est la bonne tant que ce sommet reste sur notre droite.

Les parcours de repli sont des modifications d’itinéraires en cas de difficulté (blessures, mauvais temps, etc.). Le parcours de repli le plus simple est de revenir sur ses pas. Maintenant il est parfois plus court de prendre un autre itinéraire pour rejoindre la civilisation (villages, routes, etc.). Ces parcours de repli doivent être aussi bien travaillés que l’itinéraire principal. Cela aide grandement à la décision sur le terrain, surtout lorsque la situation est stressante.

La première étape pour définir son itinéraire est d’aller chercher des informations sur la sortie envisagée, idéalement à partir de plusieurs sources. Ces sources peuvent être des blogs, des comptes-rendus, des topos disponibles sur des sites collaboratifs, des guides, etc. Les guides Lonely Planet et Guide du Routard permettent de gagner rapidement une vision générale d’une région et des spécificités très générales du parcours. Ils sont néanmoins très insuffisants pour définir un itinéraire solide. Ces informations peuvent être complétées en consultant les sites web d’agences offrant le trek ou équivalents. Mais ce sont les récits de trekkeurs qui vont être les plus riches en informations. Rien de mieux qu’une recherche sur un moteur de recherche pour trouver les bons blogs. Les sites francophones camptocamp.org et randonner-leger.org regorgent également d’informations intéressantes. N’oubliez pas les sites de partage de vidéos, ou de regarder les bons hashtags sur les réseaux sociaux.

Durant cette recherche, l’idéal est de mettre la main sur des traces GPS (au format GPX, KML ou KMZ). Ces fichiers permettent de visualiser un parcours sur une carte numérique. Mais une grande prudence est de mise quant à la correspondance entre ce parcours virtuel et le parcours réel. D’autant plus qu’il est possible de générer des traces GPS sans passer par la case terrain. La bonne pratique consiste à traiter chaque trace comme si elle n’avait jamais été confrontée au terrain, et de la retravailler en conséquence. Les traces GPS sont très intéressantes, car elles permettent rapidement de connaître les distances et les dénivelés. Elles sont également utilisées par des dispositifs GPS pour la navigation tactique.

Une fois que vous avez déterminé votre itinéraire, il faut encore le sauvegarder. La solution la plus simple est de se faire un tableau sur une feuille de papier en notant pour chaque jour :

  • le point de départ ;
  • le point d’arrivée ;
  • la distance et le dénivelé (positif et négatif) à parcourir ;
  • les singularités géographiques ;
  • les parcours de repli potentiels.

Idéalement, nous allons aussi noter quelle carte utiliser pour la journée, et marquer sur cette carte le parcours à suivre. La solution la plus robuste est d’y ajouter une trace GPS (ou plusieurs traces, si on tient compte des parcours de replis). Gaia GPS est une plate-forme permettant depuis un ordinateur de créer un dossier synchronisable et partageable, qui va contenir des notes, des photos, et toutes les traces et singularités géographiques. Ce dossier est synchronisable sur son smartphone pour une utilisation hors ligne. Ces dossiers sont également partageables et ouverts à la contribution d’autres utilisateurs, pour préparer un itinéraire en équipe. D’autres applications offrent également des prestations plus ou moins similaires.

Enfin, c’est également dans cette phase de préparation qu’il va falloir identifier les zones peuplées par la faune sauvage. Identifiez notamment les zones à ours, élans, etc. pour adapter vos comportements une fois dans la zone en question.

La navigation tactique

La navigation tactique est la navigation effectuée directement sur le terrain. Elle peut être réalisée efficacement soit par l’utilisation du couple boussole + carte, complété ou remplacé par un ou plusieurs dispositifs GPS. Dans le cas où l’on progresse en grimpant en roche, la navigation se fera à l’aide d’un topo et de son expérience. Sur glacier, la navigation se fera directement en lisant la glace et en utilisant les compétences de base de progression sur glacier.

Néanmoins, un système ne souffrant ni le mauvais temps ni la panne de batterie est le sens de l’orientation. Le sens de l’orientation est avant tout le sens de l’observation. Beaucoup pensent que c’est un don inné, mais ces sens se travaillent avec l’expérience. Il suffit d’être pro actif dans la navigation et d’ouvrir les yeux sur son environnement. On peut par exemple noter la présence de cairns, de rochers près du sentier, compter le nombre de cours d’eau traversés, repérer les arbres avec des formes uniques, etc. On peut aussi se retourner de temps à autre durant la progression pour se familiariser avec le chemin en sens inverse. Avoir un bon sens de l’orientation permet à minima de revenir sur ses pas, et pour les personnes plus expérimentées, de comprendre la logique du terrain.

Un dispositif GPS permet de lire une trace GPS, et donc de connaître à chaque instant sa position par rapport à cet itinéraire virtuel. La technologie étant ce qu’elle est, il faut néanmoins considérer la trace GPS pour une orientation générale. Il faut savoir se montrer très prudent sur le terrain, notamment dans les zones accidentées pour ne pas se faire prendre au piège. Un GPS dispose au mieux d’une précision d’un mètre sur le plan du sol. Un mètre dans les sections alpines ou sur glacier, c’est parfois beaucoup. Les seules traces auxquelles vous pouvez faire confiance sont celles que vous êtes en train d’enregistrer. En combinant votre mémoire et ce tracé frais, le niveau de confiance dans la trace pour faire demi-tour est très haut. Enregistrer sa progression est très utile en conditions de brouillard, lorsque la visibilité est très réduite. Dans ces conditions, si vous n’avez pas de dispositif GPS ou n’êtes pas sûr de vous, le meilleur moyen de s’en sortir est d’attendre que ces conditions disparaissent pour se remettre en mouvement.

Les GPS sont l’avenir de la navigation tactique. En revanche savoir utiliser une boussole et une carte pour se repérer et suivre sa progression est une compétence obligatoire pour un professionnel de l’outdoor.

Le couple boussole et carte est utilisé pour trianguler sa position. Cette triangulation repose sur l’hypothèse fondamentale que vous avez en main une carte recouvrant le terrain où vous êtes. À cette période partie du triangle viennent s’ajouter deux droites tracées entre votre position et deux points de références à l’horizon. Les deux points de référence peuvent être des cols, des sommets, etc. dont vous connaissez le nom et qui sont visibles sur la carte.

Les étapes pour se positionner sur la carte via une boussole sont les suivantes :

  1. Orienter la carte : faire correspondre le Nord géographique de la carte avec le Nord géographique du terrain.
    1. Le Nord géographique de la carte est indiqué dans la légende, et correspondant le plus souvent avec le haut de la carte lorsqu’elle est orientée pour que l’on puisse lire le texte.
    2. Le Nord géographique du terrain est à identifier avec une boussole, en mesurant le Nord magnétique (le Nord donné par la boussole) et en appliquant la déclinaison magnétique indiquée sur la carte (les Nord géographiques et magnétiques sont distincts et éloignés de quelques centaines de kilomètres).
  2. Repérez deux points de référence sur votre ligne d’horizon. Plus les points sont éloignés, plus l’angle formé par les deux droites sera grand, augmentant la précision du positionnement.
  3. Pour chaque point, prendre l’azimut et le reporter sur la carte :
    1. on place la boussole à plat au niveau de l’œil. On oriente la partie intérieure (ronde) pour qu’elle s’aligne avec le nord magnétique, puis on aligne le corps extérieur pour qu’il pointe vers le point de référence. On obtient ainsi un azimut par rapport au Nord magnétique.
    2. on ajuste cet azimut de la déclinaison magnétique afin d’avoir un azimut par rapport au Nord géographique. Une flèche sur le cadran intérieur de la boussole permet de conserver le Nord géographique sur la boussole.
    3. on reporte cet azimut sur la carte : on aligne les Nord géographiques de la boussole et de la carte. Après avoir placé le bord long de la boussole sur le point de référence, il ne reste plus qu’à tracer une droite.
  4. Notre position actuelle est au croisement des deux droites résultantes.

La plus grande difficulté est de bien corriger la déclinaison magnétique sur les azimuts, surtout d’identifier dans quel sens les corriger. Pour être plus à l’aise, rien ne vaut la pratique régulière de la méthode. Il est ensuite possible de suivre sa progression en multipliant dans le temps cette méthode de localisation. Rien de tel que les courses d’orientation pour affiner sa technique.

Tous les dispositifs GPS ne disposent pas d’un fond de carte. Qu’importe : il est possible d’utiliser une position GPS pour retrouver sa position sur une carte papier. Les cartes modernes disposent sur leurs bords des informations de longitudes et latitudes à confronter à la mesure d’un point GPS. Attention néanmoins à bien utiliser la même unité : les plus courantes sont les coordonnées UTM et WGS84. Avant de se projeter dans la carte, il suffit de vérifier quelle unité est utilisée par votre appareil. Cette technique sera néanmoins moins précise qu’avec une boussole, le maillage GPS sur une carte papier restant grossier.

Maillages GPS sur une carte numérique
Maillages GPS sur une carte numérique

De nos jours, le couple boussole + carte est de moins en moins intéressant sur le terrain. Les applications sur téléphones, les GPS dédiés et les montres de montagne sont de plus en plus fiables et riches en fonctionnalités. Bien évidemment, une boussole et une carte ne demandent pas d’énergie et ne plantent pas. Mais une carte sous la pluie à une durée de vie très limitée et si l’on est vraiment perdu et sans point de repère, la boussole peut s’avérer difficile à exploiter. En multipliant les appareils électroniques servant à la géolocalisation, on se pare aux possibles défaillances. Partir avec trois dispositifs GPS est une solution simple de redondance : une montre de montagne, un téléphone avec l’application Gaia et un GPS InReach (puis une batterie externe si besoin de recharges). Deux dispositifs peuvent ainsi enregistrer en permanence la progression. Le troisième est utilisé en cas de gros coups durs. La probabilité que les trois tombent en panne est assez faible. Sans compter votre sens de l’orientation qui vous permettra tout au moins de revenir sur vos pas.

La navigation tactique peut être rendue plus difficile par les conditions météo, gênant l’identification de son environnement, et par la condition physique du navigateur. Le brouillard est le pire moment pour faire de la navigation, dans le sens où rien n’est visible et il est difficile de corréler hypothèse de position et position réelle. La neige peut aussi surprendre en masquant des cours d’eau ou des petites singularités de terrain. Pour la condition physique, il est important de comprendre que la navigation charge de manière importante le cerveau, ce qui fatigue rapidement l’organisme. Faire de la navigation fatiguée est source d’erreurs, il ne faut pas l’oublier dans sa prise de décisions. Enfin, il ne faut pas se laisser impressionner par la pression d’un groupe lorsque vous êtes le navigateur. Un bon conseil est d’impliquer les autres membres dans la prise de décision.

Pour terminer, quelques autres points à considérer :

  • Sur le terrain, emporter des cartes papier précises n’a plus vraiment de sens, sauf sur des petites sorties ou pour des environnements très compliqués. L’utilisation d’application topographique sur son téléphone ou GPS permet de se faire une idée d’où l’on est et ce qui nous attend, sans avoir besoin d’emporter 15 cartes. Une carte avec une échelle plus grande en revanche est utile pour avoir une vision générale du parcours et du chemin qu’il reste à parcourir, et identifier des parcours de replis lorsque le besoin s’en fait sentir.
  • La navigation tactique de nuit est beaucoup plus facile lorsque l’on dispose d’une source lumineuse puissante (> 200 lumens).

Les outils nécessaires à la navigation

Navigation stratégique

En complément des guides, blogs et autres ressources textuelles, la navigation repose sur des cartes.

Les cartes papier sont bien loin de toutes se valoir. Les pratiquants ont la chance en France d’avoir des cartes IGN de qualité, avec des informations précises et détaillées du terrain. Dès que l’on voyage en revanche, ça devient déjà plus folklorique. L’idéal est alors de pouvoir mettre la main sur plusieurs cartes de marques différentes, mais représentant le même terrain. La confrontation des données permet l’augmentation de la précision. Au moment de l’achat, vérifier si la carte dispose d’une légende, d’une échelle, de la valeur de déclinaison magnétique, de l’orientation du nord ainsi qu’un maillage GPS dans une unité exploitable avec vos dispositifs GPS.

Il existe plusieurs solutions cartographiques disponibles sur le web, mais celle que j’utilise s’appelle Gaia GPS. Il s’agit d’une plate-forme cartographique accessible depuis son site internet et des applications dédiées sur iOS et Android. Je n’ai pas testé toutes les solutions existantes, mais l’application Gaia GPS sur smartphone est stable et exige peu de batteries même lorsque l’on enregistre sa progression.

Il est avec cet outil possible de préparer sa navigation stratégique depuis le site web, puis de la synchroniser avec l’application smartphone pour être prêt quant à la navigation tactique. Il est également possible d’enregistrer son parcours, ainsi que des points d’intérêts géographiques (et d’y associer des photos) qui seront synchronisés avec son compte web une fois de retour au réseau. Gaia GPS dispose également de plusieurs fonds de carte, avec un fond de base mondiale déjà assez riche en informations. Les cartes de l’IGN sont accessibles depuis Gaia GPS. Le seul inconvénient majeur est que cette solution n’est pas gratuite. L’abonnement est néanmoins vite amorti pour celui qui sort beaucoup sur le terrain.

Le programme Google Earth est également très intéressant pour visualiser son parcours en trois dimensions. Google Earth projette des images satellites sur un modèle de terrain 3D pour simuler le terrain. Plus besoin de lire de lignes de niveau donc. Le programme permet également de mesurer distances et dénivelés. Mais un gros défaut est que ce programme ne peut générer que des traces GPS au format KML ou KMZ, et il faudra passer par des convertisseurs en ligne pour les convertir en GPX, exploitable par un dispositif GPS.

Navigation tactique

Pour la navigation tactique, un kit complet comprend une carte papier, une boussole, un crayon de papier, ainsi qu’un ou plusieurs dispositifs GPS.

La boussole est un appareil passif composé d’un aimant pour venir « lire » le champ magnétique terrestre. L’aimant est généralement sous la forme d’une aiguille libre en rotation, placé dans un cylindre de faible hauteur remplie d’un liquide pour limiter les frottements. Il existe de nombreux modèles différents, mais les plus efficaces pour le positionnement sont celles équipées à minima d’une plaque pouvant tourner par rapport au cylindre. Des marquages sur cette plaque permettent de pointer un éventuel point de référence, de tracer une droite et d’avoir à disposition la conversation d’une échelle pour faciliter les mesures de distance. Certains modèles haut de gamme embarquent également une plaque miroir venant se mettre à 90° à la précédente plaque, permettant ainsi un meilleur pointage vers l’horizon. D’autres autorisent également une lecture dans le noir avec l’emploi de parties phosphorescentes, mais n’oubliez pas que naviguer de nuit est un vrai défi, surtout pour identifier les points de référence.

Boussole magnétique
Boussole magnétique

À noter que certains modèles de boussole ne sont certifiés que pour un hémisphère, généralement le nord. Ceci est dû à ce que les lignes du champ magnétique terrestre sur lesquelles l’aiguille de la boussole s’aligne pointent sous terre au niveau des pôles nord et sud (et non pas à la surface). Dans l’hémisphère nord, l’extrémité nord de la boussole est donc attirée vers le bas. Pour compenser ce phénomène, l’extrémité sud de l’aiguille de la boussole est légèrement lestée. Quand on utilise une boussole « hémisphère nord » dans l’hémisphère sud, l’extrémité sud de l’aiguille est attirée vers le bas par le champ magnétique, alors qu’elle est déjà pourvue d’un contrepoids. Résultat, la pointe sud de la boussole accroche sur le fond de la cavité dans laquelle elle est logée, et fonctionne donc beaucoup moins bien.

Depuis le début de cet article, on parle de GPS dans son sens commun. Dans le sens technique, le GPS est une constellation de satellites permettant sa géolocalisation sur la surface du globe a plus ou moins 1 mètre au mieux (et 25 m en altitude). La constellation GPS n’est pas la seule. Elle côtoie dans l’espace les constellations Galileo, Glonass et Baidu, respectivement européenne, russe et chinoise (pour former les GNSS). Lors de l’acquisition d’un dispositif GPS, il faut privilégier la compatibilité avec un maximum de ses constellations et apprendre à reconnaître la performance et la fiabilité de chacune d’entre elles en fonction de votre position sur la surface de la Terre.

Un dispositif GPS est un appareil portatif disposant d’une antenne compatible avec une ou plusieurs constellations GNSS. Le GPS est un appareil permettant de lire sa position GPS pour les plus simples, jusqu’à pouvoir se repérer sur un fond de carte, enregistrer sa position et naviguer autour d’une trace ou de points d’intérêts. Les modèles plus chers sont riches en fonction de suivi et de recherche, ainsi qu’avec une ergonomie plus agréable. Dans ce domaine, Garmin a su écraser toute la concurrence ces dernières années, avec notamment ses modèles Garmin eTrex.

Garmin eTrex 10
Garmin eTrex 10, GPS robuste et économique

Aux fonctions du GPS de base vient s’ajouter une communication par satellite. On se retrouve alors avec des appareils qui, en plus des fonctions GPS classiques, peuvent partager une position avec le monde extérieur, récupérer les prévisions météo, communiquer via message avec ses contacts ou avertir les secours. Les appareils les plus connus sont les InReach du feu DeLorme (racheté par Garmin) et les Spot de Globalstar. Tout comme les constellations GPS, il est essentiel de s’assurer de la couverture de la constellation dédiée à la communication.

Garmin inReach Explorer®+
Garmin inReach Explorer®+

La montre de montagne est une des solutions les plus populaires chez les pratiquants. Ces dispositifs embarquent une boussole électronique, un thermomètre et un baromètre pour mesurer la pression atmosphérique. Ces capteurs permettent d’estimer une évolution météo, ainsi qu’une altitude. De plus en plus de montres disposent d’une antenne GPS pour suivre une trace ou enregistrer sa progression. Les modèles les plus complets embarquent également une batterie suffisante pour plusieurs jours d’utilisation, un capteur cardiaque à placer sur le torse, et un capteur optique au poignet pour mesurer le rythme cardiaque (moins précis que le capteur thoracique) et la saturation en oxygène du sang.

Suunto 9 avec fonctions ABC, GPS et mesures optiques
Suunto 9 avec fonctions ABC, GPS et mesures optiques

Ces montres sont un must have pour le montagnard moderne. En plus de ces capacités GPS, la possibilité de coupler une ceinture cardiaque en fait l’outil idéal de moniteur d’entraînement. Les marques les plus connues en montagne sont Suunto, Garmin, Polar et Coros.

Enfin, un outil très utile, PeakFinder est une application disponible sur iOS et Android, permettant d’identifier les sommets alentour à partir de sa position GPS. Cette application est utilisable sans connexion au réseau, à la condition d’avoir téléchargé les données d’identification au préalable. Plus d’informations sur https://www.peakfinder.org/fr/mobile/.

PeakFinder
PeakFinder