#101 Cotations et difficultés
La diversité des disciplines en montagne a engendré une diversité de systèmes de cotation, permettant d'évaluer la difficulté d'un itinéraire avant de s'y engager. Cette page présente les plus répandus et les plus utiles pour jauger son niveau et suivre sa progression. Voir aussi le #101 - Vocabulaire montagne pour les définitions des termes associés.
Cotation d'engagement
La cotation d'engagement qualifie l'intensité physique et le niveau de risque global d'une sortie. Elle apparaît dans les topoguides et permet d'évaluer son niveau physique et psychologique. L'échelle la plus répandue est celle du National Climbing Classification System (NCCS) américain. Elle prend en compte la durée de l'ascension, le nombre de longueurs difficiles, la difficulté maximale rencontrée, le niveau d'engagement et les difficultés potentielles d'orientation.
- I : sortie de quelques heures, difficulté technique variable.
- II : sortie d'une demi-journée, difficulté technique variable.
- III : journée entière sur la partie technique, difficulté variable.
- IV : longue journée sur la partie technique ; longueur la plus difficile ne dépasse pas 5.7 (échelle Yosemite).
- V : journée et demie sur la partie technique ; longueur la plus difficile au moins 5.8.
- VI : plusieurs jours avec passages difficiles nécessitant escalade et/ou artificiel.
Le site CampToCamp.org utilise une échelle similaire (I à VI) qui présente l'avantage d'intégrer séparément les risques objectifs via un indice X1 à X5, couvrant avalanches naturelles, chutes de séracs, chutes de pierres et fragilité du support.
Cotation en escalade
France
L'échelle française de cotation libre évalue la difficulté maximale rencontrée sur une voie. Elle combine un chiffre et une lettre (a, b ou c), parfois suivi d'un "+". Le système est ouvert, sans limite supérieure fixée.
- 1 : marche sur sentier escarpé.
- 2 : marche avec usage ponctuel des mains pour l'équilibre.
- 3 : progression où les mains servent à se tracter ; corde possible mais non obligatoire.
- 4 à 9 : escalade avec corde.
- 4a à 5b : escalade facile — prises grandes et évidentes, cheminement simple.
- 5c à 6a : difficulté modérée — mouvements plus exigeants en force et en équilibre.
- 6a+ à 7a+ : niveau avancé — nécessite une pratique régulière, technique précise, force digitale.
- 7b à 9b+ : niveau expert — athlètes dédiés, entraînement intensif plusieurs fois par semaine.
Amérique du Nord
L'échelle de Yosemite (YDS) est le système de référence aux États-Unis et au Canada. Elle est divisée en cinq classes.
- Classe 1 : marche simple.
- Classe 2 : scrambling léger, usage occasionnel des mains.
- Classe 3 : scrambling, mains nécessaires pour l'équilibre. La chute n'est pas fatale.
- Classe 4 : frontière entre scrambling difficile et escalade simple. La chute peut être fatale ; corde souvent utilisée.
- Classe 5 : escalade technique, divisée en sous-classes :
- 5.0 à 5.7 : débutant.
- 5.8 à 5.9 : pratiquant amateur.
- 5.10 à 5.11 : amateur confirmé (peut être subdivisé de 5.10a à 5.10d).
- 5.12 à 5.15 : niveau avancé à professionnel (peut être subdivisé de 5.12a à 5.12d).
Les suffixes R** (runout, protection espacée, chute longue possible) et X** (protection très insuffisante, chute potentiellement fatale) peuvent accompagner la cotation pour indiquer le niveau de risque.
Escalade artificielle
La cotation artificielle décrit la facilité à placer les protections et leur capacité à retenir une chute. Elle combine une lettre (A = tous moyens permis, C = clean, sans endommager la roche) et un chiffre de 0 à 5.
- A0/C0 : aucune protection nécessaire à la progression.
- A1/C1 : excellents emplacements, chaque pièce retient théoriquement une chute.
- A2/C2 : bons emplacements mais peu nombreux ou difficiles à exploiter.
- A3/C3 : emplacements difficiles, chutes possibles de plus de 20 m.
- A4/C4 : emplacements précaires, chute aux lourdes conséquences.
- A5/C5 : aucune protection solide, chute catastrophique.
Bloc
Le bloc utilise principalement deux échelles. L'échelle de Sherman (V-Scale) va de V0 (facile) à V16 (quasi impossible). L'échelle de Bleau (France) suit une logique proche de la cotation libre, avec des lettres en majuscules. Les équivalences entre les deux systèmes varient selon les secteurs.
Cascade de glace
La cotation en cascade de glace combine un niveau d'engagement (chiffre romain, I à VII) et un niveau technique noté WI (Water Ice) suivi d'un chiffre de 1 à 7+.
- I : voie courte et simple, proche d'une voie de sortie.
- II : une ou deux longueurs avec peu de risques objectifs.
- III : plusieurs longueurs, quelques heures à une journée, exposition possible aux avalanches.
Cotation en alpinisme
L'échelle alpine française évalue la difficulté globale d'un itinéraire en prenant en compte la technicité, l'exposition et l'engagement.
- F (Facile) : glacier ou neige peu raide, peu de technique.
- PD (Peu Difficile) : quelques passages techniques, glacier modéré.
- AD (Assez Difficile) : pentes raides, passages rocheux ou mixtes, pour pratiquants expérimentés.
- D (Difficile) : rocher ou glace soutenus, engagement sérieux.
- TD (Très Difficile) : long, technique, engagé, terrain remote.
- ED (Extrêmement Difficile) : difficultés continues, engagement maximal. Des sous-niveaux ED1, ED2, etc. précisent la cotation.
Cotation de randonnée et de trekking
La cotation de randonnée utilisée en France associe la lettre T à un chiffre de 1 à 5, auquel s'ajoute une échelle d'exposition E1 à E4.
- T1 : randonnée. Sentier bien tracé, terrain plat ou faiblement pentu. Aucune expérience requise.
- T2 : randonnée en montagne. Sentier continu, terrain parfois raide. Pied sûr recommandé, chaussures de trekking.
- T3 : randonnée exigeante. Sentier pas toujours visible, usage des mains ponctuel. Passages exposés. Bonne expérience montagne souhaitée.
- T4 : randonnée alpine. Traces parfois absentes, mains nécessaires. Terrain exposé : herbe, rocher, névés faciles. Chaussures rigides indispensables.
- T5 : randonnée alpine exigeante. Itinéraire souvent sans traces. Terrain exposé et raide, passages d'escalade jusqu'à 2 maximum. Matériel et techniques alpins possibles ponctuellement.
L'échelle d'exposition associée :
- E1 : chute toujours possible mais la glissade s'arrête facilement.
- E2 : glissade pouvant se prolonger sur quelques dizaines de mètres.
- E3 : glissade non arrêtée immédiatement → choc violent, blessures graves ou mortelles.
- E4 : chute interdite — risque de mort quasi certain.
Cotation en ski
À venir.