#101 Protéger notre environnement
La fréquentation des sentiers de montagne a explosé ces dernières années. Ce phénomène, amplifié par les périodes de confinement, rend la responsabilisation de chaque pratiquant indispensable. La montagne est un milieu sauvage et fragile. L'impact cumulé de millions de passages annuels sur un écosystème exige que chacun réduise activement son empreinte pour pouvoir continuer à y pratiquer. Un écosystème est un ensemble formé par des êtres vivants (biocénose) en interaction avec leur environnement (biotope). Ces composants entretiennent un réseau dense de dépendances. La présence humaine affecte l'ensemble de ce réseau.
La protection du biotope
Eau
L'eau se contamine facilement, souvent sans contact direct. Faire ses besoins trop près d'un cours d'eau peut suffire à le polluer sur le long terme. Les bonnes pratiques consistent à s'éloigner des points d'eau avant toute activité susceptible de contaminer le milieu :
- Ne rien jeter dans les cours d'eau, y compris les restes d'eau potable.
- Faire sa toilette et se laver les dents loin de l'eau, en dispersant les rejets sur le sol.
- Faire la vaisselle à distance de l'eau, en collectant au préalable les résidus alimentaires.
- Ne pas se baigner directement dans un cours d'eau : puiser l'eau à l'aide d'un récipient et se laver à l'écart.
- Faire ses besoins le plus loin possible des sources d'eau et suffisamment en hauteur pour qu'une montée des eaux ne puisse pas les atteindre.
Protéger l'eau, c'est aussi en limiter le gaspillage : ne puiser que ce dont on a besoin.
Terre
L'impact sur le sol se réduit par une stratégie d'empreinte minimale :
- Camper uniquement sur des aires dédiées ou des surfaces dures et peu fragiles.
- Suivre les chemins tracés, ne pas couper les lacets, ne pas créer de nouveaux passages.
- Ne laisser aucun déchet derrière soi.
- Ne pas emporter de roches, plantes ou mousses à titre de souvenir.
- Ne pas faire de feu.
Air
L'impact direct sur l'air pendant la sortie est négligeable. L'essentiel de l'empreinte atmosphérique provient du transport. Les bonnes pratiques sont :
- Réduire les trajets en voiture.
- Privilégier le covoiturage ou les transports en commun.
- Calculer et compenser son empreinte carbone.
- Adopter une démarche minimaliste (moins de matériel, moins d'achats).
La protection de la biocénose
Protéger le biotope protège indirectement la faune et la flore. Les gestes complémentaires visent à ne pas modifier le comportement des animaux sauvages :
- Ne pas nourrir les animaux sauvages. Dans certaines zones (présence d'ours notamment), stocker la nourriture dans des bidons hermétiques ou la suspendre en hauteur.
- Ne pas toucher ni déranger les animaux.
- Ne pas emmener d'animaux domestiques.
- Éviter les sons forts (cris, musique en haut-parleur).
- Ne pas éclairer de grandes zones la nuit.
- Rester à distance des animaux et ne pas détruire leurs abris, nids ou terriers.
Leave No Trace
Leave No Trace est un cadre de référence américain qui simplifie la protection de l'environnement en sept principes :
- Planifier et préparer : anticiper les besoins en ressources, limiter les emballages, identifier les zones de bivouac à l'avance.
- Se déplacer et camper sur des surfaces robustes : utiliser les chemins existants, camper sur des surfaces mortes.
- Gérer correctement ses déchets : tout ramener, y compris les déchets organiques. Gérer ses besoins naturels avec discrétion et en respectant les distances minimales par rapport à l'eau.
- Laisser ce que l'on trouve : ne pas emporter feuilles, pierres, animaux ; ne pas laisser de traces (tags, gravures, etc.).
- Minimiser l'impact du feu : ne pas faire de feu en dehors des zones prévues à cet effet.
- Respecter la faune : observer sans déranger.
- Respecter les autres visiteurs : préserver leur expérience de la montagne en minimisant les nuisances sonores et visuelles.
Plus d'informations sur le site officiel : Leave No Trace.
Réchauffement climatique
La planète connaît naturellement des cycles climatiques sur des millénaires. Le réchauffement climatique actuel désigne une hausse brutale et rapide de la température mondiale, directement liée aux activités humaines. Ce phénomène est documenté, mesuré et modélisé par la communauté scientifique. Pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, il est nécessaire de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de moitié d'ici 2030 et d'atteindre la neutralité carbone en 2050. Même dans ce scénario, les effets déjà engagés se feront sentir pendant les deux prochaines décennies. Les pratiquants de montagne sont à la fois témoins et acteurs de ces transformations : recul des glaciers, enneigement réduit, instabilité accrue des versants. Agir en dehors de la montagne est aussi important qu'agir en montagne :
- Évaluer son empreinte carbone annuelle et identifier les postes de réduction les plus significatifs.
- Réduire sa consommation et ses émissions. Chaque action compte.
- S'impliquer à l'échelle locale, nationale et politique. Les choix de consommation constituent déjà une forme d'engagement.